Le 28 novembre 2009 à 14 h 30
LA LAICITE, AVENIR DE L’EUROPE
>> Programme
- La laïcité, présentation des enjeux par David Assouline, sénateur PS de Paris
- La laïcité valeur universelle ou spécificité française? par Samuel Tomei, historien
- La laïcité, un principe républicain, Dominique Sopo, président de SOS racisme
- Le fait religieux, Cheval de Troie des sectes auprès de la Commission Européenne par Marcel Conradt, historien belge
- La laïcité en Grande Bretagne par Jean Lambert, députée européenne britannique
- Au-delà de l’Europe, la laïcité dans le monde par Jean-Michel Quillardet, ancien Grand Maître du grand Orient de France, président de l’observatoire international de la laïcité
- Synthèse des débats et conclusion du colloque par Jean-Louis Bianco, député PS et président du conseil général des Alpes de Haute Provence.
Ce colloque était ouvert à tous. Indéniablement, il a participé à l’élévation du niveau du débat public du moment, y compris entre socialistes. Il doit certainement nous interpeller sur les combats que l’on ne mène plus (ou pas assez fortement). Ce colloque a mis en lumière le décalage entre l'indispensable travail historique et philosophique à réaliser sur nos principes, et la manière dont nous exerçons notre responsabilité collective.
Un parti politique a une vocation de prise de pouvoir. Certes. Mais pour quoi faire ? Il est bon de temps en temps de mener une telle réflexion et une telle action éducative avec un nombre important de militants et de citoyens. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. La section du parti socialiste et les sympathisants de Villiers sur Orge veulent relever ce défi intellectuel.
Alors, à bientôt, à Villiers, pour un prochain colloque et bientôt sur votre site préféré
des compléments d’information et la vidéo du colloque.
Michel Fouillet
Secrétaire PS de la section de Villiers sur Orge

>> Liens pour mieux connaître avec les intervenants:
- David Assouline 1 | 2 | 3
- Dominique Sopo 1 | 2 | 3 | 4
- Samuel Tomei 1 | 2
- Véronique de Keyser 1 | 2 | 3 | 4
- Marcel Conradt 1 | 2 | 3
- Jean Lambert 1 | 2
- Jean-Michel Quillardet 1 | 2 | 3
- Jean-Louis Bianco 1 | 2 | 3 | 4
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La laïcité, un vrai combat.
Villiers sur Orge, petite ville de l’Essonne a une sociologie de gauche. Aux dernières municipales, la liste UMP/DVD a bénéficié d’une triangulaire fratricide.
Les socialistes et les sympathisants de Villiers ne désespèrent pas pour autant.
Alors que nos élus minoritaires assurent une présence active et militante en mairie, la section agit au fond, sur les valeurs et sur les principes.
C’est dans ce contexte que la section du Parti Socialiste a organisé, le 28 novembre 2009 un colloque international sur « La Laïcité, avenir de l’Europe ».
En effet, les pays de l’Union Européenne observent une relative neutralité à l’égard du fait religieux et de la libre pensée. Pour autant, les pratiques sont bien différentes d’un pays à l’autre. En France, la laïcité est érigée en principe constitutionnel. Mais, malgré la loi de séparation des églises et de l’Etat, le débat est récurrent et des parties de notre territoire national échappent encore à ce principe.
Les intervenants étaient de très haut niveau. Jugez-en :
- en introduisant le colloque, David Assouline, sénateur de Paris, a souligné les enjeux de la laïcité. Ce principe est inscrit dans la constitution. Mais, paradoxalement, il est attaqué par le président de la République lui-même, pourtant gardien de la loi fondamentale. Les exemples récents ne manquent pas et chez Nicolas Sarkozy, il ne s’agit pas d’une simple erreur de langage (laïcité positive) mais d’une agression en règle, profonde et réfléchie, écrite dans un ouvrage avant la campagne présidentielle et réaffirmée à Rome (discours du Latran) et à Ryad ;
- l’historien Samuel Tomei, dans son intervention, pose la question de savoir si la laïcité est une valeur universelle ou une spécificité française. D’emblé, il récuse le terme « Valeur » qui est, dans certains milieux, « à la hausse ou à la baisse ». La laïcité est un principe fondateur de notre identité nationale et de notre République depuis la Révolution. La laïcité est le règne du droit commun. Puis, il brosse un tour d’horizon plutôt pessimiste de la pratique de ce principe en Europe. Pour autant, l’historien estime que le « parti républicain », terme pris dans son sens large, doit se retremper dans les grands principes « à moins de se mettre à la discrétion de l’ennemi », selon l’enseignement d’Edgar Quinet ;
- Dominique Sopo, président de SOS racisme, présente le combat laïque au quotidien. Il est souvent lié au combat contre le racisme ;
- Marcel Conradt, historien belge et assistant parlementaire au groupe socialiste et démocrate du parlement européen, observe que les églises sont de plus en plus entreprenantes auprès des instances de l’Union Européenne, en particulier auprès de José-Manuel Barroso, président de la Commission. En fait, cet entrisme constitue également un Cheval de Troie des sectes. Ce phénomène l’est encore plus depuis le traité portant constitution de l’Union, désormais validé par le traité de Lisbonne lequel sera mis en application le 1er janvier 2010 ;
- Jean Lambert, est députée britannique du groupe des Verts au parlement européen. Avec tristesse et beaucoup d’humour, elle a dépeint les liens existant entre tout particulièrement la religion anglicane et les pouvoirs publics dans la société britannique où le communautarisme anglo-saxon trouve son lieu privilégié. Ainsi, vu sous cet angle laïque, Jean Lambert est soulagée que Tony Blair ait été écarté de la présidence de l’Union ;
- Jean-Michel Quillardet, ancien Grand Maître du Grand Orient de France et actuel président du de l’observatoire international de la laïcité, a redéfini les principes fondamentaux de la laïcité : il ne s’agit pas d’une religion, ni d’un courant de pensée auxquels certains voudraient le réduire. Il s’agit d’un principe universel permettant à chaque individu, à chaque citoyen d’exercer sa liberté de croire ou de ne pas croire ;
- il est revenu à Jean-Louis Bianco de conclure les débats très riches de ce colloque. Par les exemples concrets apportés par les uns et les autres, en France, au Royaume Uni, en Belgique, dans les pays européens et dans les instances de l’Union, les défenseurs de la pensée libre, de la laïcité, peuvent être effectivement pessimistes. Mais le député des Hautes Alpes est un battant et il demande à tous les socialistes et au-delà à tous les citoyens républicains de ne pas se décourager devant l’adversité mais au contraire de se battre pour que la laïcité, principe oh combien fondamental permette d’aboutir à la paix civile et à l’harmonie sociale. Ce combat doit être mené, chacun à sa place, au quotidien et dans les instances nationales et internationales, même si le champ de bataille est vaste. Car il s’agit bien d’une bataille.
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